Combattre la violence contre les filles et les femmes

En principe, c'est le bleu qui est notre couleur. Mais dans les prochains jours nous allons nous présenter en orange pour nous sensibiliser tous sur la violence contre les filles et les femmes. Suivez-nous sur Facebook pour en savoir plus. #orangetheworld 

Compassion soutient les Eglises locales, afin de lutter contre la violence faite aux femmes et les filles.

Combattre le mariage des enfants

Lita * a été brisée quand elle a appris que ses parents avaient arrangé un mariage entre elle et son oncle. Epouser un parent est souvent moins cher parce que la dot est moindre. En plus la dote augmente avec l’âge et le niveau d’éducation de la future mariée. Lita était plus âgée que beaucoup de filles de sa communauté.

Lita avait 18 ans.

Bien que le mariage des enfants soit illégal dans de nombreux pays, le phénomène reste monnaie courante dans de nombreuses cultures. La tradition, mais surtout la situation de pauvreté, poussent des familles à envisager un mariage arrangé. 

 

  • Dans le monde, environ 700 millions de filles sont mariées de force. Près d'un tiers d'entre elles avant l'âge de 15 ans.
  • Ces filles sont exposées à la violence et aux mauvais traitements infligés par leur conjoint.
  • Les adolescentes sont plus susceptibles de mourir de complications durant la grossesse que les femmes âgées de plus de 19 ans.
  • 60% des fœtus ont un risque élevé de mourir in utero ou de ne pas atteindre leur premier anniversaire.

Les statistiques sont cruelles. Compassion s'engage pour les changer.

Dans les centres d'accueil de Compassion, les jeunes filles, telles que Lita sont instruites à reconnaître leur valeur. Elles apprennent l'importance de l'éducation pour briser le cercle vicieux de la pauvreté. Les filles et les garçons sont sensibilisés aux relations de couple saines et responsables, à la santé et au développement personnel. Les filles découvrent qu'elles peuvent influencer leur avenir.

Quand Lita a refusé de se marier, son père était très en colère. Il a même entrepris des démarches en justice. Le mentor (*Ravi) de Lita au centre d’accueil de Compassion a pris sa défense. Il a même été jugé indigne puisqu’il a désobéi aux traditions. 

Ravi n’a pas baissé les bras. La cour a finalement donné raison à Lita. 

La relation de la jeune femme avec ses parents sont tendues. Mais Lita n’a jamais regretté sa décision. D’ailleurs son courage a également inspiré sa petite sœur à l'imiter et à refuser un mariage forcé.

Aujourd'hui Lita poursuit des études en sciences humaines et souhaite travailler avec les enfants rejetés.

* Les noms ont été changés pour protéger les personnes concernées.

Lutter contre l'excision

Les sœurs jumelles Lemayian et Nashipai * ont 14 ans et vivent avec leur sœur aînée, afin de pouvoir participer aux activités du centre d'accueil de Compassion situé à proximité. Il y a deux ans, les parents leurs ont demandé de revenir à la maison pour aider à la récolte du maïs. Quand elles sont arrivées à la maison, elles ont été présentées à une femme âgée connue pour effectuer les excisions sur les jeunes filles du village.  

La mère a dit que la femme était en visite. Elle a insisté pour que ses filles aillent se faire raser la tête au marché, une composante du rite de l’excision. Les deux jumelles ont eu très peur.

L'excision entraîne souvent des complications à la naissance des futurs bébés, des infections diverses et d'autres maladies sexuellement transmissibles. Dans certains cas, les jeunes filles saignent abondamment et meurent. Bien que l'excision soit illégale au Kenya, il reste difficile de poursuivre les auteurs. La plupart du temps, l'excision est effectuée en privé et de nuit.

Dans le cas des deux jumelles, elles ont eu très peur et se sont enfuies de la maison. Elles ont prié: «Seigneur, sauve-nous si telle est ta volonté». Après une fuite de quatre heures, elles ont trouvé refuge dans une maison. 

Le lendemain, elles sont reparties à l’aube. Deux heures de marche supplémentaires ont été nécessaires pour rejoindre le centre d’accueil de Compassion. 

Rankoi*, un employé du centre d’accueil a été très surpris de les voir. Mais quand il a entendu ce qui était arrivé, il a appelé le directeur, le maire et plusieurs anciens du village. Les parents des filles ont été convoqués au centre d’accueil. Ils sont arrivés, très en colère contre leurs filles.

La direction du centre d'accueil et le maire sont intervenus et ont mis en garde les parents d’éventuelles poursuites judiciaires s’ils ne renonçaient pas immédiatement à leur projet d'excision. Ils ont également expliqué pourquoi les enfants doivent être protégés et que les jumelles continuent leur formation. A contre cœur les parents ont promis de ne pas effectuer ce rituel.

Ce n’est pas la première fois que le centre d'accueil de Compassion intervient dans un cas d'excision. Ce rite est généralement effectué durant les vacances en août et décembre. C’est à ce moment que les filles entre 10 et 12 ans enregistrées dans les centres d’accueil sont invitées à participer à un camp d'une semaine où elles sont  instruites sur la sexualité et les droits d’enfants.

«Nous travaillons sur divers niveaux (politique et privé) pour nous assurer que les enfants soient mieux formés sur les pratiques de santé», explique Rankoi. «Le résultat est une diminution significative de jeunes filles excisées. Presque toutes les filles de la région ont été excisées. LA proportion baisse à 25% pour celles parrainées par Compassion.

Une des jumelles aimerait devenir médecin et l’autre employée de banque. Ce sont des étudiantes consciencieuses, Elles figurent parmi les meilleures de leur classe. Elles sont sûres d’elles lorsqu’il faut répondre aux critiques de l’abandon de leur culture. 

«Nous ne nous sentons pas moins féminine», dit Nashipai, «parce que la Bible nous enseigne que nous sommes tous égaux et nous pouvons faire toutes choses par Christ. C’est Lui qui nous donne la force».

* Les noms ont été changés pour protéger les personnes concernées.

Texte original : Aveleen Schinkel